Voutré mon village
Site consacré à la commune de Voutré

La Kabylie

Le site de la Kabylie, que les voyageurs découvrent en empruntant la voie ferrée Paris-Brest, est connu bien au-delà des limites de notre département et il n’est pas rare d’en entendre parler à une centaine de kilomètres à la ronde.


La carrière s’est ouverte en 1858 et a compté aussitôt un grand nombre d’ouvriers. Pendant les quarante premières années, la société Barrier, propriétaire du site, a alterné périodes fastes et déboires, allant jusqu’à vendre wagons et rails en 1891. Cette même année, la société prit le nom de société anonyme des carrières de l’Ouest. Vers la fin du siècle, on dut installer de nouveaux concasseurs et trieurs à vapeur pour faire face à l’abondance des commandes.

En 1911, arriva en carrière la première locomotive à vapeur qui faisait le trajet jusqu’au Port sec. Elle était manœuvrée par M. Mercier dont la descendance a, depuis, fait souche à Voutré.


Les mineurs mettaient, à l’époque, deux à trois jours pour creuser, au burin et à la masse, des trous verticaux de 2 à 3 mètres de profondeur qu’ils remplissaient de poudre avant de faire sauter à l’aide d’un cordon détonant. la carrière connut un nouveau développement accompagné d’une vague de modernisations importantes en 1931-1932. Sur le chantier, les ouvriers purent utiliser des carottières pneumatiques afin de prélever des échantillons de pierre, ainsi que des sondeuses pour préparer les minages. On confia à l’entreprise Dubois, de Nantes, la construction de l’usine de concassage et de criblage.

Énorme pour l’époque, le concasseur primaire broyait directement des blocs d’un mètre cube. Des concasseurs secondaires et tertiaires, des cribleurs, des silos complétaient l’installation. le chargement de la pierre fut accéléré grâce à une énorme pelle à vapeur, montée sur chenilles, qui possédait un godet de 2 m3,. la production passa de 65000 tonnes en 1924 à 220000 tonnes en 1934.


Une nouvelle et importante évolution intervint à l’intérieur des carrières à partir de 1953. Le réseau de voies ferrées installé à l’intérieur des carrières fut abandonné, ainsi que le petit et le grand plan inclinés. On traça des chemins empierrés. Chargeuses et pelleteuses furent mises en place au pied du front de taille pour alimenter en blocs énormes la ronde des camions qui succéda aux convois des wagonnets tirés par les locomoteurs.

L’ère des tâcherons et des casseurs de pierre était terminée, faisant place à une main d’œuvre plus spécialisée: chauffeurs, électriciens, mineurs, ouvriers d’entretien ...

Cinquante années ont passé. A la fin des années 80, l’outil de production de la carrière de Voutré, malgré une extension dans les années 1970, ne permettait plus de satisfaire la demande des clients, ni en terme de quantité, ni en terme de qualité.


Dans la brochure éditée par la société des carrières de Voutré, Philippe Vaxelaire, alors directeur général de l’entreprise, présentait ainsi la révolution technique qui venait de bouleverser la marche de l’entreprise :

Les bâtiments conçus autour des techniques de concassage de l’époque ne permettaient pas de modifier l’outil de production pour l’adapter aux techniques modernes.

Deux solutions s’offraient à la société. La première :·1’ arrêt pur et simple de la carrière de Voutré. La deuxième: une refonte complète de son outil de production.

C’est cette deuxième solution qui a été choisie en 1988. D’énormes travaux de terrassement furent entrepris afin d’implanter les nouvelles installations:



Pour améliorer les conditions de travail, l’automatisation a été poussée à son maximum. Aujourd’hui, l’ensemble de l’usine est piloté par une seule personne à partir d’un poste de supervision. plus de 2500 points de mesure sont en permanence testés sur l’installation, et l’information correspondante est transmise au poste de supervision.

D’énormes efforts ont été également entrepris sur le plan de l’environnement: dépoussiérage, aménagement autour du site, etc.

Durant plus d’un an, la construction s’est poursuivie, et le 23 avril 1990, le premier bloc tombait ·dans le concasseur ... .

La longue histoire de la carrière de la Kabylie se décline sur plus de 140 ans. Elle assure, depuis son ouverture, une bonne partie de la prospérité du village de Voutré qui constitue, en vérité, une sorte d’exception pour le département de la Mayenne: une commune industrielle à la campagne.


Pelle à vapeur sur chenille


L’ancienne et la nouvelle carrière